Soutenance de thèse de Méril Mérindol

Méril Mérindol, doctorant de l'équipe ALéas MArins, soutiendra sa thèse le mercredi 14 décembre 2022 à 15h30, à l'IUEM.

Son sujet :

Glissements sous-marins dans l’estuaire du Saint-Laurent, Québec, Canada

Composition du jury :

  • Nathalie Feuillet (Rapporteur), Directrice de recherche, CNRS - Institut Physique du Globe de Paris
  • Thierry Mulder (Rapporteur), Enseignant chercheur UBX - Professeur des Universités HDR, UMR CNRS 5805 EPOC-OASU
  • Jacques Déverchère (Examinateur), Professeur, Université de Bretagne Occidentale - CNRS
  • Nathalie Babonneau (Examinateur), Maître de conférence Université de Bretagne Occidentale
  • Elda Miramontes (Examinateur), Assistante Professeur, Université de Bremen
  • Stéphanie Girardclos (Examinateur), Chargée de cours, Université de Genève
  • Guillaume St Onge (Directeur de thèse), Professeur en géologie marine et directeur de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski, Canada
  • Nabil Sultan (Directeur de thèse), Chercheur, Ifremer
  • Patrick Lajeunesse (Invité/co-encadrant), Professeur, Université de Laval
  • Sébastien Garziglia (Invité/co-encadrant), Ingénieur géotechnique, Ifremer

Découvrez ci-dessous le résumé de sa présentation :

L’estuaire du Saint-Laurent, situé dans la province du Québec au sud-est du Canada, abrite près d’une centaine de glissements sous-marins. Leur présence dans cette région avec un haut niveau d’aléa sismique a conduit à supposer qu’ils ont été déclenchés par la sismicité régionale.

Le présent projet de doctorat a donc pour objectif de comprendre l’origine de ces glissements sous-marins. Le projet utilise une grande quantité de données géophysiques (bathymétrie, profils sismiques), sédimentologiques (carottages, images X-Ray, descriptions, rapports XRF, propriétés physiques MSCL, granulométrie), datations (14C, 210Pb) et géotechniques (test triaxiaux) qui sont intégrées dans des modèles numériques.

Les glissements sous-marins de l’estuaire du Saint-Laurent ont des âges synchrones sur près de 220 km et sont corrélés aux séismes historiques majeurs : 1663 CE (M ≥ 7), 1860/1870 CE (M = 6,1/6,6), 1925 CE (M = 6,1) et 1988 (M = 5,9). Ainsi, seule la sismicité peut les avoir déclenchés. L’établissement de cette relation permet d’identifier deux évènements sismiques antérieurs à la colonisation européenne en ~645 CE et ~1145 CE. De plus, le séisme de 1663 CE ressort comme l’évènement majeur des derniers 2000 ans car il a déclenché le plus de glissements sous-marins. Son épicentre positionné dans la région de Charlevoix n’avait pas été révisé depuis près d’un siècle. A partir des glissements sous-marins déclenchés par la liquéfaction du sédiment, l’épicentre du séisme de 1663 CE a pu être repositionné à plus de 120 km au nord-est de sa position initiale. Ainsi, il serait associé à une faille active au large de la ville de Tadoussac, proche de l’embouchure du fjord du Saguenay. Enfin, les plans de rupture des glissements sous-marins se développent aux interfaces d’unités sédimentaires qui correspondent à des transitions d’environnement de dépôt. L’intégration de ces niveaux de décollement dans des modèles numériques permettent de prédire les zones qui en cas de séisme majeur glisseront.

En conclusion, la sismicité est le facteur de déclenchement de glissements sous-marins dans l’estuaire du Saint-Laurent et cela s’explique par la liquéfaction de niveaux grossiers (silt à sable) générée par les secousses sismiques. De futurs glissements sous-marins sont susceptibles de se produire à l’avenir soulignant la nécessité d’étudier cet aléa naturel au Québec.